La Fontaine Médicis

D’un passé tumultueux la faisant passer du statut de grotte à celui de fontaine, en passant par un déménagement, cette œuvre monumentale est enfin en paix avec son bassin au Jardin du Luxembourg.


La fontaine Médicis et son bassin
La fontaine Médicis
Une allées ombragée longeant le bassin de la fontaine Médicis
Les canards barbotent joyeusement dans le bassin de la fontaine Médicis
« Polyphème surprenant Galatée dans les bras d’Acis » par Auguste Ottin
Fronton avant de la fontaine Médicis
« Diane » par Auguste Ottin
Le cyclope Polyphème par Auguste Ottin
Fontaine Médicis vue de derrière
Acis et Galatée par Auguste Ottin
« Pan » par Auguste Ottin
La Fontaine Médicis vue de profil

Aujourd’hui je vous emmène au Jardin du Luxembourg à Paris. Prenons l’entrée située à gauche du Sénat, et marchons en suivant la voie tracée.

Très rapidement, avant d’être derrière le Sénat, un dégagement se fait sur la gauche, sous la forme d’un grand bassin rectangulaire, rempli d’eau et bordé par des arbres. Tout au fond, à l’extrémité de celui-ci, se trouve une fontaine monumentale, composée de statues et semblant constituer une sorte de scène, nous offrant ainsi en spectacle une scène mythologique.

Mais quelle est donc l’action, quel est donc le drame se déroulant sous nos yeux ?

Au centre, un cyclope, Polyphème, imposant, surplombe un couple, Galatée et Acis. Or, Polyphème est amoureux de Galatée, et la voir ainsi dans les bras d’Acis va provoquer un drame, auquel assitent, de chaque côté de cette scène centrale, le dieu Pan et la déesse charesse Diane. Les statues ou groupe de statues réalisées par Auguste Ottin sont placés dans une loge en cul de four de la fontaine.

Ce n’était d’ailleurs pas une fontaine au départ. Marie de Médicis souhaitait retrouver l’ambiance de son enfance et commanda une sorte de grotte ou de nymphée pour agrémenter le jardin. J’en profite pour vous recommander un de mes articles de ce site qui fait mention d’un autre nymphée en région parisienne, bien plus confidentiel car ouvert qu’exceptionnellement au public, le nymphée du séminaire Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux. Pour en revenir au souhait de Marie de Médicis, la grotte réalisée (c’est ainsi que cette réalisation sera nommée pendant un certain temps) se présente sous la forme d’une sorte de façade, prenant l’aspect d’un portique ou à la place des passages prennent place des niches en cul de four, au nombre de trois, une grande centrale et deux plus petites de chaque côté. Au sommet deux statues de Pierre Biard représentent alégoriquement la Seine et le Rhône.

Plusieurs remaniements affecteront la grotte au fil du temps. Ainsi, en 1799, le bassin central est alimenté en eau, une statue fait son apparition avec une petite Vénus. Les armes de Henri IV et de Marie de Médicis sont enlevées… De grotte, elle devient donc fontaine !

Mais le temps passa, et au XIXe siècle, le Baron Haussmann, dans son vaste projet de rénovation et de réaménagement de la ville de Paris en tant que préfet de la Seine (et oui, ce département n’existe plus !) toucha au Jardin du Luxembourg. Le changement a été radical : la fontaine a été déplacé d’une trentaine de mètres, les armes de Marie de Médicis et de Henri IV furent restituées et un grand bassin rectangulaire, celui que l’on voit encore de nos jours, bordé de platanes, de vasques… et aujourd’hui des fameuses chaises qui font l’image du jardin.

À la suite de ce déménagement, il fut décidé de réaménager les niches en les dottant de nouvelles sculptures. Cette fois, rien à voir avec la pauvre petite statue de Vénus installée en 1799 ! Auguste Ottin, l’artiste sculpteur choisi pour réaliser cette tâche, fit dans le monumentale, en exploitant chacune des niches en cul de four.

Autre fait important qui échappe à de nombreux visiteurs et touristes : approchez-vous de la fontaine, contournez-la. Derrière se trouve… une autre fontaine ! Cette fontaine cachée est la Fontaine de Léda, qui, comme La fontaine Médicis, a été déplacée suite aux grands travaux du préfet Haussmann.

Maintenant vous connaissez une partie de l’histoire mouvementée de cette grotte, cette fontaine ou ce nymphée. Cette belle réalisation fait la joie des touristes qui la prennent immanquablement en photo du bout du bassin, et aussi aux promeneurs et aux parisiens qui viennent se détendre en lisant un livre ou en pratiquant une sieste sur une des chaises typiques du jardin, à l’ombre des platanes et au bruit de l’eau.

Par Michel Petit le 28/04/2013 dans les thèmes : , , , , , , et

Localisation

Coordonnées : 48.848047, 2.339306

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